Dimanche 17 mai 2009 7 17 /05 /Mai /2009 11:25
(1)    
"....... Je sais pertinemment que j'étais "reparti" pour nulle part et partout à la fois. Enfui involontairement dans le rêve prestigieux d'un printemps, éblouissant de teintes et de notes.  Hissé au culmen de l'illusion, aveuglé par un immense soleil orange.   Le ciel, d'une brillance d'acier, éclabousait un rideau de jour sur le quel pleuraient des pivoines de soie bleue et d'où s'envolaient des oiseaux de papier argenté.  "

                                               ----------------------------------

(2)
"...... nous attendrions ensemble la fin, sans mot dire, comme deux enfants sages... Assis auprés du ruisseau nous écouterions chanter cette eau qui m'entraînnera dans ses vaguelettes.   Nous verrions, plus bas, là où son lit est moins caillouteux, monter lentement "La Dame à la faulx" , forçant son pas squelettique contre le courant... Je te donnerais le plus beau des baisers et elle m'enroulera dans son manteau de nuit. Avec elle je descendrais le ru sinueux. Passé la ravine, tu ne me verras plus. Je serais alors mêlé à la transparence de l'eau pour que cette mort ne te choque pas trop.  Et, pour que tu ne m'oublies pas tout de suite, le
chant alors lointain de la rigole empruntera ma voix.   Je verrais encore le papillon délaisser la violette et se poser sur tes cheveux de brillance divine. Je te sourirais depuis ce lit minuscule de gravier et de limon, pour te quitter enfin, comme un gosse qu'on éloigne de sa mère...  Je mourrais doucement... simplement. "

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Extrait de : Bribes amoureuses.

Tandis que se finit doucement le meilleurs
Morceau de cette vie, et que je n'ai, d'ailleurs,
        Pas su prendre par le bon bout !
Cependant que s'approche l'ultime des heures
Et qui n'est pas forcément vétue de douceur,
       Voici que je mets bout-à-bout
Des douleurs passées, des instants roses-bleus,
des mots évanouis en un rêve frileux,
        Voici qu'il faut que je reprenne
Du début ce chemin aux multiples accrocs,
Séparer les amours qui m'ont usé les crocs
       Des joies furtives mais, soudaines.

Ceci, parc'que je viens, en m'écartant un peu
De la ville et entrant en un bois épineux,
        De dénicher sous une feuille,
Une âme chiffonnée et qui pleurait, bon dieu !
Or je n'ai rien sur faire qu'allumer un feu
         Et la rassurer d'un clin d'oeil...
Ayant cessé de geindre et de prendre à partie
Tous les beaux Casanova qui lui ont menti,
        Elle s'endormit, réchauffée
Tout contre moi, et là, comme un pauvre lourdeau
Je n'ai plus remué, j'ai senti dans mon dos
        Les arbres, de rire s'étouffer !

Voici pourquoi dans ma caboche tout revient;
Tout seul j'allais finir, ça... je le croyais bien...
        Mais je ne sais plus me défaire
* De cette découverte qui me parle d'amour,
Qui accroche à ma barbe des baisers chauds et lourds,
        Et, qui sont loin de me déplaire...  !                                  * bis.

                                                           JeanVictor. 23.10.1992.

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